Islam Slimani : «Ma carrière ressemble à un conte de fée»

Nul n’est prophète en son pays. Si cette expression doit s’appliquer sur un joueur algérien évoluant à l’étranger, c’est bien Islam Slimani. Pourtant à 31 ans, l’enfant d’Aïn Benian est un digne ambassadeur du football algérien. Auteur d’une belle saison avec l’AS Monaco durant l’exercice écoulé, à travers ses neuf buts et huit passes décisives en seulement 18 matchs, le buteur des Verts a surtout formé avec Wissam Benyedder, un des tandems les plus spectaculaires d’Europe. Et dire que le joueur ne fait pas vraiment l’unanimité en Algérie où il ne cesse de recevoir des critiques depuis plusieurs années. Et ce n’est pas faute d’avoir réalisé de belles prestations en sélection, car l’ancien sociétaire du CR Belouizdad est le meilleur buteur et le meilleur passeur encore en activité des Verts. Dans cet entretien exclusif, «Super Slim» en parle justement. Il nous dit également tout sur son transfert raté à Fenerbahçe, sa belle saison avec l’AS Monaco, sa relation avec Belmadi, son admiration pour ses coéquipiers, mais aussi pour… Messi. Tout en faisant le point sur sa carrière et ses projets, il nous a même fait découvrir une facette cachée qu’on ignorait jusque-là de lui.

Quelle a été ta réaction en apprenant la fin prématurée de la saison 2019/2020 de la Ligue 1 qui relègue l’AS Monaco à la neuvième place du classement ?

J’étais vraiment déçu et à la fois frustré, parce que je suis quelqu’un qui vit foot, mange foot et dort foot. Mais il y a une situation exceptionnelle qui fait que la santé des gens passe au-dessus de toute autre considération. C’est plus important que le football.

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Ta frustration est compréhensible, vu que tu as accompli de très belles choses cette saison avec l’AS Monaco…

Merci pour le compliment. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je préfère laisser le soin aux gens d’évaluer mon parcours.

Mais les chiffres sont bien là : neuf buts et huit passes décisives en seulement 18 matchs. Sans les blessures, tu aurais certainement fait mieux. De quoi penser que ce fut l’une des meilleures saisons de ta carrière. Pas vrai ?

C’est vrai que ce fut une saison honorable, peut-être même parmi les meilleures pour moi sur le plan personnel comme tu le dis. Je pense que j’ai pris beaucoup de plaisir en jouant cette saison avec l’ASM, et c’est en grande partie grâce à Leonardo Jardim qui a cru en moi. C’est très important pour un joueur d’avoir la confiance de son entraîneur pour exprimer ses qualités. Ça te permet de tout donner. Lui, il m’a complètement libéré. Je ne pensais à rien d’autre que de m’amuser sur le terrain et aider mon équipe à aller de l’avant. L’environnement en Principauté a, également, favorisé mon intégration dans ce club.

Il faut avouer que personne ne s’attendait à ce que tu rebondisses à l’ASM, toi qui restais sur une expérience ratée en Turquie avec Fenerbahçe.

Pour moi, la parenthèse  Fenerbahçe est loin d’avoir été une expérience ratée comme le pensent beaucoup. Bien au contraire, ce fut une expérience enrichissante. J’ai vu des choses en Turquie, notamment extra sportives que je n’ai jamais vues auparavant. C’est un autre monde.

Peux-tu être un peu plus explicite ?

C’était tout sauf du football. Tout se décide dans les coulisses. L’ambiance était malsaine. J’ai dû endurer beaucoup de choses là-bas. Tout a pourtant bien commencé pour moi. Je jouais comme titulaire à mes débuts mais tout a basculé du jour au lendemain avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur qui a décidé de nous mettre à l’écart, moi et Benzia. Une semaine après son arrivée, il nous avait annoncé qu’on ne pouvait plus s’entraîner parce qu’on était tous deux sur la liste des joueurs à prêter. On n’en revenait pas. Jusqu’à ce jour, on ne sait toujours pas, moi et Benzia, pourquoi on nous a traités de la sorte. Mais il est clair que les raisons sont extra sportives, parce que si on parle foot, on était les meilleurs.

Cela ne t’a pas empêché, en tout cas, de rebondir rapidement à l’AS Monaco, au moment où personne ne s’attendait à te voir débarquer sur le Rocher. Tu as vraiment mis beaucoup de hargne pour t’imposer rapidement dans ce club. C’était en quelque sorte une revanche sur le sort ?

Disons que c’était une façon de prouver que mon transfert à l’ASM n’était pas un hasard. Depuis que j’ai débuté dans le foot, j’ai toujours eu confiance en mes qualités. La tournure qu’a prise mon transfert à Fenerbahçe ne m’a nullement découragé. Certains ont été surpris de me voir atterrir à Monaco, moi non.

Ton association avec Wissam Benyedder en attaque a fait des ravages cette saison en France. Quel est le secret de cette fascinante entente ?

Je pense qu’on est tous deux complémentaires. Moi, je fixe, je peux sortir jouer, lui aussi. On se comprend parfaitement. Ce n’est pas un secret. Le fait d’être entouré par les meilleurs joueurs facilite toujours les choses. Quand tu as à tes côtés un coéquipier comme Benyedder, tu dois avoir plus d’exigence envers toi-même pour être toujours à la hauteur. Mais il y a aussi d’autres grands joueurs à Monaco, comme Golovin, Jovetic, Adrien Silva, Bakayako, et autres Fabregas qui te permettent de progresser.

Justement, en parlant de Fabregas, qu’est-ce que cela fait d’avoir un coéquipier comme lui qui a tout gagné durant sa carrière, y compris la Coupe du monde ?

C’est une chance de partager le même vestiaire que lui. C’est un grand joueur qui a une très grande expérience. Il a côtoyé les meilleurs joueurs du monde, tels Messi, Xavi, Iniesta et Thierry Henry. Son palmarès est impressionnant. J’ai appris beaucoup avec lui et ses conseils m’ont été d’une grande utilité, surtout pour un joueur comme moi qui n’a pas bénéficié d’une formation de qualité en Algérie. Contrairement à beaucoup de mes coéquipiers, j’ai commencé dans des divisions inferieures à Aïn Benian et à Cheraga. J’en tire même une grande fierté, et je pense humblement avoir beaucoup de mérite rien que pour cela.

Il t’a certainement fait des compliments par rapport à tes belles prestations durant la saison écoulée…

Ah oui (rires). Je me rappelle une fois lorsque j’ai réussi trois passes décisives dans un même match, Cesc est venu directement vers moi sur ma troisième passe. Il s’est incliné en me tirant chapeau d’un geste admiratif. Cela m’a fait vraiment fait plaisir.

Fabregas est connu pour être un des amis intimes de Messi. Cela lui arrive de parler de lui dans le vestiaire ?

Oui, bien sûr. Il est tellement fasciné par le talent de Messi qu’il est incapable de décrire le joueur comme il nous l’a dit.

Ton prêt à l’ASM arrive à expiration. Plusieurs médias français ont rapporté récemment que pour des raisons purement financières liées à la pandémie de coronavirus, Monaco ne peut pas lever ton option d’achat fixée à 10 M€. Est-ce qu’on t’a signifié cette décision ?

Non, le club ne m’a rien communiqué pour le moment et je trouve cela logique dans le contexte actuel. Personne ne peut prendre des décisions immédiates. En tout cas, mon contrat court encore jusqu’au 30 juin.

Mais si cela ne tenait qu’à toi, tu aimerais bien rester sur le Rocher, n’est-ce pas ?

Oui, mais après c’est une question de Mektoub. Dieu merci, je pense avoir réussi un bon parcours avec l’ASM. On verra par la suite ce qui va se passer.

Est-ce qu’un retour à Leicester City, avec lequel tu es encore sous contrat jusqu’en 2021, est aussi envisageable pour toi ?

Sincèrement, je ne sais pas. Il faut attendre l’été pour le savoir.

Une chose est sûre, c’est qu’avec la belle saison que tu as accomplie à Monaco, ta cote a grimpé. On parle de toi dans plusieurs clubs, dont l’Olympique de Marseille. Une expérience à l’OM, ça te tente ?

La crise sanitaire liée au Covid-19 a tout paralysé. Actuellement, tous les clubs ont de gros problèmes de trésorerie. Il règne une grande incertitude par rapport au mercato. Il est impossible de prévoir ce qui va se passer.

Serais-tu ravi de revenir au Sporting Lisbonne, le club qui t’a servi de tremplin pour la Premier League ?

Pourquoi pas ? Le Sporting est un club qui a une grande place dans mon cœur, à l’instar du CRB et des clubs dans lesquels j’ai débuté, Aïn Benian et Chéraga. Pour être franc, depuis que j’ai quitté le Sporting, j’ai toujours mis dans ma tête que je reviendrai un jour dans ce club tellement il m’a beaucoup marqué. Quand exactement ? Je ne sais pas. Encore une fois, tout sera lié au Mektoub.

Ton transfert à Leicester, en 2016, avait fait de toi l’un des joueurs africains les plus chers de l’histoire. Et à 31 ans, tu es toujours une star incontestée en Europe. Penses-tu avoir la même reconnaissance en Algérie, lorsqu’on sait que tu fais souvent objet de critiques dans ton pays par une grange du public et même de la presse ?

Franchement, c’est le dernier de mes soucis. Moi, je sais ce que je vaux. Les coachs que j’ai eus en Europe comme les Ranieri, Benitez, Jesus, Jardim, Cocu, Marco Silva, qui sont tous des grands entraîneurs, savent très bien qui est Slimani et ce dont il est capable. Comme je l’ai toujours dit, je ressens une grande fierté d’avoir accompli toutes ces choses durant ma carrière alors que j’ai débutée dans de petites divisions. En 2009, je jouais encore à Cheraga. Je n’ai pas eu la chance de débuter dans un grand club de première division, mais grâce à Dieu j’ai tout de même réussi à percer et à devenir le joueur que je suis.

Ne trouves-tu pas que les gens sont parfois durs avec toi en Algérie ces derniers temps ? Et dire que c’est grâce à toi en grande partie que l’équipe nationale s’est qualifiée pour la première fois de son histoire en huitièmes de finale de la Coupe du monde, suite à ton fameux but contre la Russie en 2014 au Brésil. Comme quoi nul n’est prophète en son pays…

Même à l’époque, on me critiquait déjà ! Mes détracteurs pensent qu’en me critiquant, ils parviendront à m’atteindre. Mais ils ne savent pas qu’au contraire, leurs critiques me font toujours du bien. Cela m’a même permis de grandir et de forger mon esprit.

Le hic est que ton parcours avec l’équipe nationale est exemplaire. En plus d’avoir conduit les Verts en huitièmes de finale de la Coupe du monde, tu es aussi champion d’Afrique. Tu es également le meilleur buteur de la sélection encore en activité avec 30 réalisations et 22 passes décisives, ce qui est impressionnant pour un attaquant de pointe. Ce n’est pas donné à tous les joueurs d’avoir un tel CV, pas vrai ?

Malheureusement, ce n’est pas tout le monde qui pense cela. Dieu merci, j’ai accompli des choses énormes durant ma carrière et dont je ne peux qu’être fier. J’ai gagné la CAN en la jouant plusieurs fois. J’ai aidé à qualifier l’EN au deuxième tour d’un Mondial. J’ai disputé la Ligue des champions, l’Europa League et j’ai joué dans les plus grands championnats du monde. Je ne pouvais rêver d’une meilleure carrière. Je suis en train de la vivre d’ailleurs comme un conte de fée. Des fois, je ne réalise pas tout cela. Je me dis à moi-même : ce n’est pas vrai, j’ai vécu tout cela ?

Justement, ton coéquipier en sélection, Sofiane Feghouli, a déclaré récemment à France Football que ton parcours personnel pourrait faire l’objet d’un long-métrage au cinéma parce ce que tu incarnes le rêve algérien…

Parce que Sofiane connaît bien mon histoire. Il a vu comment j’ai progressé depuis que je jouais au CRB, il y a huit ans. Il a dit cela parce qu’il connaît bien le football en Algérie et ses difficultés. Cela me rend fier qu’il ait dit cela de moi, à moi, à ma famille, surtout à mon père qui a toujours cru en moi. Mais je pense que beaucoup d’autres joueurs algériens, qui sont partis à l’étranger, méritent qu’on fasse sur eux un long-métrage pour raconter leur histoire.

Il a même dit qu’il a toujours été tranquille avec toi en première ligne sur le terrain et qu’il sait qu’avec toi, il a un soldat à ses côtés. Un commentaire ?

Cela m’a beaucoup ému. Sofiane sait que je ne triche jamais sur le terrain et que je me donne à chaque fois à fond. Je pense également la même chose de lui. C’est aussi un soldat, un guerrier qui aime beaucoup l’Algérie. Il l’a prouvé en donnant tout pour son pays. C’est un honneur et une chance pour moi d’avoir joué toutes ces années avec un joueur comme Feghouli.

Il a révélé aussi que tu prévois de sortir une autobiographie. Vrai ?

Oui, je compte le faire Incha Allah dans les prochaines années pour raconter surtout les obstacles que j’ai eu à surmonter durant ma carrière. Je mettrai tout dans ce livre jusqu’au moindre détail.  

Tu n’es pas très loin du record absolu d’un certain Abdelhafid Tasfaout, qui est le meilleur buteur de l’histoire des Verts avec 36 pions. Battre ce record devient-il une obsession pour toi ?

En toute sincérité, non. C’est déjà une grosse fierté pour moi de faire partie des plus grands buteurs de l’histoire de l’équipe d’Algérie aux côtés desTasfaout, Madjer, Belloumi. C’est complètement dingue, non ? Et dire que j’ai commencé ma carrière à Aïn Benian, puis en jouant à Chéraga !

Quels sont, à présent, tes objectifs avec l’EN ?

Mes objectifs sont les mêmes que ceux de l’équipe, à savoir se qualifier à la prochaine Coupe du monde qui aura lieu au Qatar. Mais, entre temps, on doit défendre notre titre lors de la prochaine CAN au Cameroun.

En parlant justement du Mondial 2022, Djamel Belmadi a déclaré que si les Verts se qualifient au Qatar, il visera carrément le titre. Ne penses-tu pas que son ambition est, cette fois-ci, démesurée ?

Il n’y a rien d’irraisonnable dans ce qu’il a dit. Après tout, il ne peut pas dire que si on se qualifie, on va aller là-bas pour perdre des matches ! Souviens-toi avant la CAN 2019, il n’a pas dit qu’on allait en Egypte pour la gagner. Il a seulement dit qu’on fera tout pour la gagner. Un entraîneur ambitieux pensera toujours de cette manière. Belmadi est un gagneur. Son ambition n’a pas de limites mais pas au point d’avoir la prétention de dire qu’il va gagner la Coupe du monde. Si on va au Qatar, chose que j’espère, on jouera nos matchs à fond et sans le moindre complexe.

Le grand mérite de Belmadi avec l’EN est qu’il a su transmettre à son groupe cette ambition sans limites et cette rage de vaincre qui vous ont permis d’ailleurs de remporter contre toute attente la CAN 2019.

Pas que cela. Il a ramené beaucoup de choses à la sélection. Djamel est le genre d’entraîneur qui met ses joueurs dans les meilleures conditions possibles. Il te met d’emblée en confiance et te donne un maximum de chances pour que tu puisses exprimer tes qualités sur le terrain. C’est aussi quelqu’un qui aime beaucoup son pays. Il a vraiment réussi à transcender son groupe. 

C’est sous Belmadi que tu as perdu ta place de titulaire en sélection. Un autre joueur n’aurait pas fait tous ces éloges envers son entraîneur…

Mais je n’ai jamais vécu mon statut de remplaçant comme une injustice. Bien au contraire. Belmadi aurait pu ne pas s’intéresser à moi, vu ma situation à l’époque où j’étais à Fenerbahçe. Je suis resté tout de même cinq mois sans jouer. Le fait de m’avoir convoqué au moment où je traversais une mauvaise passe avec Fenerbahçe prouve toute la confiance et le respect qu’il a toujours eus envers moi.

L’Algérie est devenue après son triomphe en Egypte, l’équipe à battre. Vous attendez-vous à plus de difficultés lors de vos prochains matchs, notamment durant les éliminatoires du Mondial 2022 ?

L’Algérie a toujours été l’équipe à battre. C’est normal, on est un grand pays de football. Et comme aujourd’hui il n’y a plus de petites équipes en Afrique, il est impératif de prendre tous nos adversaires au sérieux.

Tu avais déclaré à l’issue de la CAN en Egypte que votre génération est la meilleure dans l’histoire de la sélection nationale, ce qui a créé à l’époque une polémique. Le penses-tu toujours ?

On m’a un peu mal compris sur le coup. Je n’ai pas dit que nous avons la meilleure génération mais plutôt que nous incarnons la génération qui a obtenu les meilleurs résultats dans l’histoire de la sélection. Nous avons gagné une CAN à l’extérieur, et avons réussi à nous qualifier pour la première fois de l’histoire en huitièmes de finale d’une Coupe du monde. L’Algérie a toujours eu de grands joueurs qui ont marqué l’histoire de l’EN. Il y avait au début la mythique équipe du FLN. On m’a parlé aussi de l’EN des années 1960 et 1970 incarnée par les Lalmas, Kalem, Selmi, Makhloufi etc. Puis la fameuse équipe de 1982 des Belloumi, Madjer, Dahleb, Assad et autre Bensaoula, sans oublier bien sûr celle qui a offert en 1990 à l’Algérie sa première CAN. Ce n’est pas moi qui n’ai vu aucune de ces équipes qui vais juger qui est la meilleure génération.

On ne connaît pas grande chose de la vie d’Islam Slimani en dehors des terrains. Quel est ton mode de vie ?

Je mène une vie ordinaire avec ma petite famille. J’essaye de profiter le maximum de la vie.

Cela t’arrive de regarder tes anciens matches ?

Jamais ! Je n’aime pas du tout cela.

Quels sont tes meilleurs amis dans le foot, des joueurs que tu fréquentes en dehors des terrains ?

J’en ai pleins. Mais les plus proches, sont Hilel Soudani et Riyad Mahrez, parce que j’ai partagé longtemps avec eux le même vestiaire. J’ai gardé aussi contact avec mes anciens coéquipiers au CRB, particulièrement Aït Ouamar ou d’autres anciens joueurs de la sélection comme Bougherra. A Monaco, j’ai plus d’affinités avec Bakayoko et surtout Adrien Silva avec qui j’ai beaucoup joué.

En parlant de Mahrez, penses-tu qu’il est lésé par Guardiola à Manchester City comme le pensent de nombreux Algériens ?

Non, c’est faux de croire ça. Il a quand même joué beaucoup de matchs cette saison avec City. Je ne pense pas qu’il y a des joueurs qui ont joué plus que lui. Après, c’est normal que Guardiola fasse tourner son équipe qui joue plus de 70 matchs par saison. Riyad est un immense joueur. Il est bien à sa place à Manchester City qui est actuellement l’une des meilleures équipes du monde.

A part le football, as-tu une passion pour d’autres sports ?

J’aime bien le tennis. D’ailleurs, je regarde beaucoup de matchs surtout quand il s’agit du grand chelem.

Es-tu Federer, Nadal ou Djokovic ?

Roger Federer ! Je suis même un grand fan. Pour moi, c’est de loin le plus grand tennisman de l’histoire. J’ai aimé avant le cyclisme du temps de Lance Amstrong. J’ai arrêté de regarder ce sport parce que je n’avais plus de patience. C’est trop long (rires). Mais bon, j’aimerais bien assister un jour au Tour de France.

Sinon, tu aimes le cinéma ?

Je suis surtout accroc aux séries.

Ta série favorite?

Difficile de choisir, j’en ai tellement vu ces dix dernières années. Mais je dirai que Game Of Thrones est la série qui m’a le plus marqué.

As-tu aimé la saison 4 de la Casa de Papel ?

Le scénario est bien fait. Malheureusement, la série est trop courte. Je suis resté sur ma faim. Vivement la saison 5.

Ton acteur et actrice préférés ?

Sans conteste Jason Statham. Il est très fort. Par contre, je n’ai pas de préférence pour  telle ou telle actrice. Peut-être parce que j’aime plus les films d’action.

Ton genre musical ?

J’aime le chaâbi, particulièrement Amar Ezzahi. Une légende, que Dieu ait son âme.

Quels sont les joueurs qui t’ont fait aimer plus le foot ?

Ronaldo, le Brésilien alias El Fenomeno et bien sûr Messi. Dommage pour Ronaldo, il aurait eu une plus grande carrière s’il n’avait été épargné par les blessures.

Tu préfères donc Messi à Cristiano Ronaldo…

J’aime bien aussi Cristiano Ronaldo qui est un très très grand joueur, sans doute l’un des meilleurs joueurs de l’histoire. C’est une vraie machine. Il a travaillé dur pour atteindre ce niveau. Mais Messi, c’est le top des tops, le meilleur même de l’histoire. Il fait des choses incroyables que personne ne peut faire à sa place. Il a un don divin. Je côtoie le haut niveau et crois moi, toutes les équipes se donnent à 200 % sur le terrain. On ne te fait pas de cadeau. Et cela n’empêche pas, ces deux monstres à rester performants depuis 15 ans. C’est inhumain ce qu’ils font.

Un stade dans lequel tu aimerais bien jouer un jour ?

Le Santiago Bernabeu. J’aimais pourtant le Barça durant mon enfance, mais ce stade m’a toujours fasciné. Il est mythique.

Comptes-tu finir ta carrière en Algérie ?

Honnêtement, ce n’est pas du tout dans mes projets, même s’il ne faut jamais dire jamais. En tout cas, si cela arrivera un jour, ce sera au CRB, parce que c’est un club que j’aime beaucoup et qui m’a permis de m’épanouir. D’ailleurs, cela m’arrive encore de regarder les matchs du Chabab quand j’ai l’occasion. Je suis toujours heureux quand mon ancien club gagne, surtout lors des deux dernières finales de la Coupe d’Algérie qu’il a jouées (NDLR : 2017 et 2019). J’espère que le CRB remportera cette année le championnat.

Islam, ce fut un plaisir de t’avoir interviewé. As-tu quelque chose à rajouter en guise de conclusion ?

Le plaisir est partagé. J’aimerai lancer un appel à mes chers compatriotes pour qu’ils fassent plus attention à cette pandémie du Covid-19 et de protéger leurs familles. Je leur souhaite un bon Ramadan ainsi qu’une bonne fête de l’Aïd.

Entretien réalisé par Ouassel Mounir