Mourad Meghni raconte la folle épopée d’Omdourman

A l’occasion du onzième anniversaire du fameux Algérie-Egypte disputé à Omdourman au Soudan et qualificatif au Mondial 2010 (1-0), France Football a recueilli les témoignages d’un des acteurs majeurs de ce match d’appui qualifié parmi « les plus chauds de l’histoire ».

Star incontestée des Verts à l’époque, Mourad Meghni puisque c‘est de lui qu’il s’agit, se souvient de l’atmosphère de guerre qui régnait au Soudan suite aux incidents qui ont émaillé le match retour des éliminatoires du monde 2010 disputé quelques jours plutôt au Caire : «Pour la première fois peut être de l’histoire du football, deux équipes ne sont pas entrées sur le terrain par le même endroit, explique l’ancien joueur de la Lazio. On est arrivés chacun du côté de ses supporters. Au moment des hymnes, on leur a tourné le dos spontanément, et on a mis la main sur le cœur. On voulait leur dire qu’on n’avait pas apprécié ce qu’ils avaient fait à nos supporters au Caire.»

Mourad Meghni reste également marqué par l’ambiance survoltée du stade du Caire qui a failli couter à l’EN une incroyable élimination. «En Egypte, on est arrivés dans une arène de fous. On n’entendait même pas l’arbitre siffler. Je m’étais juste dit qu’il ne fallait pas prendre 2-0. Finalement, on a failli en prendre trois. Juste après le deuxième, je n’ai plus de souffle, je me mets la main sur le cœur.»

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Sortis vivants du traquenard du Cairo International Stadium, les Verts vont se venger quelques jours plus tard en présence de quelques 15 000 de leurs fans acheminés jusqu’au Soudan à bord de cinquante-deux avions qui leur sont réquisitionnés sur injonction politique. Pourtant, l’Egypte d’Abou Treika, triple championne d’Afrique (2006, 2008 et 2010) en titre, abordait encore cette rencontre dans la peau d’un grand favori: «Franchement, c’était un super collectif. Ils étaient très fort techniquement, et cela se sentait qu’ils jouaient quasiment tous ensemble dans le même club, estime Mourad Meghni. Nous, on jouait tout sur la rage, à la recherche de l’exploit.»

Un exploit rendu possible grâce à la hargne des joueurs algériens et au but victorieux d’Anthar Yahia sur une incroyable reprise de volée au grand bonheur des millions d’Algériens qui ont fêté la qualification des Fennecs au mondial sud-africain dans une ambiance hystérique que Mourad Meghni n’oubliera jamais : «Au retour à Alger, on a mis quatre heures pour faire un trajet de vingt minutes. C’était une folie sans nom. Il y avait des gens sur les arbres, les poteaux électriques, et même certains qui se jetaient du pont pour monter sur notre bus…»